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GraffitiLe graffiti est l’un des modes d’expression artistique de la culture hip hop. Vus comme une agression visuelle par certains ou comme un art à part entière par d’autres, les tags et les graffs font aujourd’hui partie intégrante des paysages urbains. LA NAISSANCE DU GRAFFITI AUX ÉTATS-UNIS Apparu pour la première fois sur les trains et les métros new-yorkais dans les années 60, cet art « brut » permettait à son auteur de faire voyager son nom à travers la ville. Simple signature au début (les tags), il a vite évolué vers des véritables fresques murales (les graffiti) réalisées sur des centaines de mètres carrés, dans lesquelles lettrages et personnages en couleurs très vives se croisent sur un fond composé. Ce développement permet de traiter un thème, de faire passer un message. Pour certains c’est un véritable support de communication. C’est n’est pas un hasard si on le retrouve dans la publicité, la mode, le cinéma ou même dans certaines campagnes électorales. Du métro new-yorkais, le graffiti a fait un long chemin et il se retrouve aujourd’hui dans les galeries d’art à travers de passionnantes expositions. Des artistes graffiti comme Keith Harring, Kenny Sharf, Jean Michel Basquiat, Futura 2000 ont déjà gagné leur place dans l’histoire universelle de l’art. Son aspect esthétique n’est plus remis en cause aujourd’hui. LE GRAFFITI EN FRANCE Les tags et les graffs ont retrouvé la force de leurs origines dans les banlieues, là où ont été construits “les grands ensembles”. Cependant à la différence des États-Unis, cette discipline du mouvement hip-hop a été accaparée par toutes les classes sociales. Le graffiti est représenté aujourd’hui par une génération multi-ethnique et multi-culturelle qui se reconnaît dans sa philosophie et ses modes d’expression, c’est ce qui fait sa spécificité. Le graffiti « new-yorkais » apparaît en France dès 1982-1983, avec des artistes comme Bando, Blitz, Lokiss, Scipion, Darco, Skki ou encore Saho, aujourd’hui connue sous le nom de Ash. Les premiers articles de presse consacrés à ce phénomène ne datent pourtant que de 1986. Vers 1986-87, le graffiti « new-yorkais » trouve définitivement sa place à Paris où il « envahit » des lieux privilégiés comme les quais de la Seine, les palissades du Louvre ou du Centre Georges Pompidou, le terrain vague de la Chapelle, puis s’étend progressivement aux cités des banlieues où la culture hip-hop trouve son deuxième souffle en devenant de plus en plus populaire. Dès cette époque, Paris attirait de nombreux graffeurs européens (Shoe, Mode 2) mais aussi américains (Jonone, Futura 2000, T-Kid, A-One). LES TECHNIQUES DU GRAFFITI Les techniques du graffiti ont beaucoup évolué au fil du temps et sont aujourd’hui nombreuses : la peinture aérosol (avec ou sans pochoir), la peinture à l’aérographe, la gravure (sur des vitres, sur des murs, sur des plaques métalliques, sur l’écorce des arbres, etc.), le marqueur et le stylo, la craie, la peinture au rouleau ou au pinceau, l’acide (pour les vitres ou le métal). Le graffiti se caractérise par des formes relativement définies où la créativité individuelle s’exprime dans un cadre codé et impliquant l’adhésion à toute une culture : vocabulaire, lieux, préoccupations, goûts musicaux, etc. On y distingue généralement trois niveaux de production : • Le Tag (marque, signature) est le simple dessin du nom de l’artiste. Le geste est généralement très travaillé, à la manière des calligraphies chinoises et japonaises, c’est un logo plus qu’une écriture, et souvent, seuls les habitués parviennent à déchiffrer le nom qui est écrit. Les techniques utilisées sont généralement l’aérosol, le marqueur et l’autocollant (sticker). • Le Graff ( nommé aussi fresque, burning, piece, masterpiece) est le nom souvent donné aux graffiti sophistiqués et exécutés en plusieurs couleurs. • Le Throw-Up ou le Flop est une forme intermédiaire entre le tag et la fresque : il s’agit de grands dessins de lettres, et non de signatures, pourvus d’un volume et de contours qui sont exécutés rapidement et souvent sans soin particulier (pas d’effort de couleur par exemple). Ils servent à promouvoir le nom de l’artiste d’une manière qui soit visible de loin. Il existe un grand nombre de styles pouvant s’appliquer aux fresques et parfois aux flops. Citons par exemple le style Bubble (bulle), le Chrome (couleur argentée), le Block Letter (lettres carrées et compactes) et le Wildstyle dans lequel les lettres sont illisibles, abstractisées, enchevêtrées et décoratives, lisibles uniquement par les initiés. Le Wildstyle est, selon de nombreux graffeurs, la discipline reine du graffiti new-yorkais tandis que pour d’autres ce sont les lettrages très simples et purs typographiquement parlant qui méritent le plus de considération. Certains graffiti-artists peignent peu de lettres et se spécialisent dans le dessin de décors figuratifs ou abstraits, ou bien de personnages. Parmi les artistes graffiti les plus représentatifs s’affirmant grâce à leur style, on retrouve Ernest Pignon (peinture murale), Gérard Zlotikamien (éphémères), Jérome Mesnager (ombres blanches), Blek (avec ses pochoirs), Costa (utilisation de la bande dessinée, détournement des affiches publicitaires), Daniel Bau Geste, Futura 2000, Miss Van, Miss Tic, Speedy Graphito, Nod et Cazo (l’aérograttage et l’International Free Style). |
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