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  Danses des villes et danses d’école : le hip hop

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Etude réalisée dans le cadre du programme de recherches interministériel "Cultures, villes et dynamiques sociales".

Extrait du résumé du rapport final

Objet de la recherche

Cette recherche porte sur les formes de danse hip hop et sur leurs modes d’enseignement, dans et en dehors du contexte scolaire. En saisissant les ressorts politiques et sociaux des pratiques, il s’agit de comprendre comment la danse hip hop s’est institutionnalisée, et de fait, comment elle s’est diversifiée au cours des années quatre-vingt-dix. Son objet principal est la compréhension des modalités d’apprentissage de ces formes de danse par les pratiquants, en comparant des contextes différents et en les confrontant aux logiques institutionnelles susceptibles de les "travailler".

Saisir les modalités de l’"apprendre par corps", et ce qu’elles entraînent sur les registres de la cognition et de la construction identitaire, est ici un enjeu de la recherche. Cet axe repose sur l’analyse comparative de différentes configurations : d’une part les configurations sociales où des jeunes gens et jeunes filles travaillent entre eux (ateliers libres en MJC notamment) alors que l’activité n’est pas organisée en " savoirs " ni en leçon, et d’autre part les configurations plus "institutionnalisées" et relevant de logiques scolaires où les pratiques se déroulent sous forme de cours (dans les établissements scolaires, dans des centres culturels lors de stages périscolaires ou d’initiation au hip hop, dans des cours en MJC). Par conséquent, la recherche s’est fondée sur l’idée que les actions institutionnelles qui encadrent les pratiques de danse hip hop n’engagent pas simplement des modes d’apprentissage de savoir-faire ou de transmission de valeurs culturelles ; elles constituent des instances de socialisation qui agissent sur les logiques pratiques ainsi que sur les significations des formes artistiques/culturelles qu’elles concernent, tout en les repensant à partir de catégories de classement, de perception, d’évaluation qui ne sont pas nécessairement celles des pratiquants.

Cette question est d’autant plus aiguë pour le sociologue, qu’elle se rapporte à des pratiques artistiques/culturelles de populations socialement dominées. Aussi, nous en venons à rouvrir le débat à propos des modes d’appropriation des pratiques populaires par d’autres groupes sociaux et des modalités de la domination symbolique perceptibles dans le travail de légitimation des institutions de la culture et de l’éducatif concernant les cultures populaires.

Aussi, est-il pertinent de concevoir les écarts entre les modes d’appréhension de la pratique (du temps, de l’espace, du corps, les façons d’être à la pratique et à ses pairs, les manières d’apprendre) des élèves initiés dans un cadre institutionnel/scolaire d’une part, et les danseurs qui privilégient l’autodidaxie de la break dance d’autre part. De là, nous constatons que les actions pédagogiques induisent, au final, de nouvelles frontières sociales et culturelles, mais également socio-sexuelles, entre les formes de pratiques et les pratiquant (e) s de "danses urbaines". (…)

>>> Si vous souhaitez obtenir l’intégralité de ce rapport, envoyez un e-mail à Chantal Delinares, chargée d’études et de recherches à l’INJEP et correspondante du programme pour le Ministère de la Jeunesse, de l’Education Nationale et de la Recherche.


Sylvia Faure et Marie-Carmen Garcia, Université Lumière Lyon2 - Groupe de recherche sur la socialisation (UMR 5040 CNRS)

Recherche financée par le Ministère de la Jeunesse et des Sports - Direction de la Jeunesse et de l’Education Populaire

Mise à jour le vendredi 13 novembre 2009
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