Cette publication a été réalisée suite au colloque organisé les 26 et 27 janvier 2009 à l’Injep sur la question du financement, public et privé, de la culture hip-hop. Ces journées ont également été l’occasion de faire le point sur les valeurs défendues par le mouvement hip-hop à l’origine. Sont-elles toujours portées par les acteurs hip-hop aujourd’hui ?
PRÉSENTATION : ÉDITORIAL DE CHANTAL DAHAN
Chargée d’études et de recherche sur les pratiques artistiques, culturelles et sportives des jeunes à l’Injep (Institut National de la Jeunesse et de l’Éducation Populaire)
Le Pôle culture de l’Injep s’est engagé depuis sa création à mieux faire connaître et reconnaître les différentes cultures issues du hip-hop. Nous avons tenu à accompagner un mouvement qui était au départ l’expression d’une jeunesse des quartiers populaires, une prise de parole de cette jeunesse, et qui a produit une culture et de nouvelles formes artistiques. Nous avons déjà organisé des rencontres consacrées au hip-hop et réalisé des formations de formateurs de toute la France pendant trois ans sur le site de l’Injep à Marly-le-Roi. Enfin, face à la difficulté de ce mouvement à se fédérer, nous avons conduit une réflexion entre les acteurs du hip-hop et différentes institutions afin que ces acteurs deviennent des interlocuteurs à part entière des politiques culturelles. Cette réflexion a notamment abouti aux rencontres d’aujourd’hui et je remercie les différents partenaires ici présents pour ce travail collectif.
Nous avons voulu nous attacher dans ces nouvelles rencontres à faire un point sur ce que devenait la reconnaissance de ce mouvement en nous penchant sur la question de son financement, à la fois public et privé, et ce presque trente ans après.
L’un des problèmes du financement du hip-hop tient au fait qu’il n’est pas reconnu comme pratique artistique de plein droit : assigné pour cette raison à la politique de la Ville ou à la politique de Jeunesse, il se trouve de fait hors circuit des financements de la Culture.
Même si, comme nous le verrons, des changements s’opèrent, les difficultés de la société à reconnaître les mutations profondes que connaissent les nouvelles pratiques artistiques, qui font l’articulation entre esthétique, politique et social, sont toujours là. Or le hip-hop joue un rôle d’avant-garde, car il met en évidence des mutations profondes de la production esthétique dans nos sociétés.
Face à une pratique qui dépasse largement aujourd’hui les quartiers populaire et qui est devenue la culture de toute une génération, nous avons également souhaité faire un point sur les valeurs défendues par ce mouvement à l’origine : transmission par les pairs, tolérance, respect ? Ces valeurs sont-elles toujours portées par les acteurs du hip-hop aujourd’hui ?
Aujourd’hui, l’Injep est en pleine restructuration et son rôle se trouve redéfini. L’institut se voit renforcé dans ses missions d’observation et d’analyse des pratiques et attentes des jeunes et d’évaluation des politiques et actions qui leur sont destinées. La question des pratiques artistiques et culturelles des jeunes conserve toute son acuité et l’Injep poursuivra des actions fortes dans un domaine où les jeunes expriment de fortes attentes. Notre implication, en septembre, dans une contribution sur la culture au Livre vert sur la jeunesse, fruit d’un travail concerté que nous avons animé, en témoigne.
Nous réfléchissons aux formes que pourront prendre ces actions et aux moyens de mieux les valoriser avec l’ensemble des acteurs concernés dans le cadre de nos nouvelles attributions.
Ce numéro De l’hiver à l’été est le dernier sous cette forme, mais c’est à d’autres rendez-vous que nous ne manquerons pas de vous convier très prochainement.
SOMMAIRE
1. LE FINANCEMENT PUBLIC DE LA CULTURE HIP-HOP
De la politique de la ville aux politiques culturelles
Loïc Lafargue de Grangeneuve, sociologue, chercheur associé à l’Institut des sciences sociales du politique ISP-CNRS
Les dispositifs d’aide du ministère de la Culture
Odile Cougoule, inspectrice danse, direction de la musique, de la danse, du théâtre et des spectacles, ministère de la Culture et de la Communication
Le programme Envie d’agir
Farid Mebarki, chargé de mission du programme Envie d’agir, Mission de l’engagement et des initiatives des jeunes auprès du haut-commissaire à la Jeunesse
La politique de soutien au spectacle vivant de la région Ile-de-France
Bernard Legendre, conseiller du vice-président (François Parny) chargé de la culture au conseil régional d’Île-de-France
La politique de soutien du conseil général de l’Essonne
Thierry Blouët, co-directeur d’Artel 91 (association de coopération culturelle en Essonne)
2. LE FINANCEMENT PRIVÉ DE LA CULTURE HIP-HOP
Un graffeur peut-il vivre de son art ?
Darco-FBI, artiste-auteur graffiti
Témoignage
Véronique Cordelle, administratrice de la compagnie Ultimatum Step
Le monde du rap et du djing
Frédéric Drewniak, responsable du CIR, Centre information rock, chanson, hip-hop, et musiques électroniques à l’IRMA (centre d’Information et de ressources pour les musiques actuelles)
Réussir en créant un label indépendant
Ahmed Mazouz, rappeur, groupe La Caution, lauréat de la bourse musicien 2005 (fondation Lagardère)
Témoignage
Nick Torgoff, graffeur, ex-membre de l’association Kosmopolite (qui a créé le festival de graffiti de Bagnolet), artiste du collectif 12/12
3. OU EN SONT LES VALEURS DU HIP-HOP ?
Les valeurs de la Zulu Nation
Hondo, peintre, conférencier, pédagogue, membre de l’Universal Zulu Nation
Le rôle de l’éducation populaire dans la transmission des valeurs
Huguette Bonomi, chargée de mission au pôle culture de la Fédération française des maisons de jeunes et de la culture (FFMJC)
Témoignage
Didier Firmin, danseur au sein de la compagnie Ykanji
Le Flow, réseau national des festivals hip-hop
Vincent Gaugain, président de l’association Apassionada, membre fondateur du réseau national des festivals hip-hop « Le Flow »
Témoignage
Claire Moineau, danseuse, directrice artistique de l’association AsEnDanse hip-hop
Repères bibliographiques sur la culture hip-hop
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