À l’occasion de la mise en place de son nouveau projet d’établissement, l’INJEP a décidé de mettre en œuvre une refonte de ses différents sites Internet afin de créer un portail unique de ressources sur toutes les questions liées à la jeunesse et aux politiques de jeunesse. Les pratiques artistiques et culturelles des jeunes auront bien évidemment toute leur place au sein de ce projet.
En attendant la mise en ligne de ce nouveau site dans le courant du mois de mars 2012, nous continuerons de mettre à jour notre agenda des rencontres professionnelles, des formations et des événements hip-hop.
Nous vous invitons également à suivre notre veille sur les questions culturelles sur la page Facebook de Passeurs de culture et à vous abonner à sa newsletter afin d’être tenu au courant de l’évolution de ce projet.
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Université d’été des danses hip hop

  Formation et transmission en danses hip hop

Quelques éléments de bilan

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PRÉSENTATION

L’INJEP est, depuis de nombreuses années, à l’origine d’universités d’été où des jeunes se retrouvent pendant plusieurs jours, en totale immersion, pour partager des moments de réflexion, de rencontres et de pratiques autour d’un thème.

Dans la continuité de cette démarche d’échange et des différentes actions menées autour du hip hop par l’INJEP, son Pôle Culture a organisé en partenariat avec le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie Associative, le Théâtre du Grenier de Bougival et l’Office Franco Québécois pour la Jeunesse la première université d’été des danses hip hop.

Soixante danseurs-formateurs venus de toute la France et du Canada se sont retrouvés à Marly-le-Roi du 21 au 25 juin 2004 pour perfectionner leur technique et approfondir les questions de pédagogie et de transmission. Cette semaine a également été l’occasion de témoigner et de réfléchir sur les enjeux actuels de ce mouvement tout en donnant une visibilité à des démarches artistiques, pédagogiques et associatives à travers la rencontre de nombreux acteurs du monde du hip hop (danseurs, formateurs et associations).

Repérés notamment par des conseillers d’éducation populaire et de jeunesse qui les accompagnent dans les régions et les départements, les stagiaires ont été sélectionnés sur plusieurs critères : pratiquer la danse depuis au moins dix ans et exercer une activité de formateur. Ils sont également très engagés dans le monde associatif puisqu’ils appartiennent, pour la plupart d’entre eux, à une association et/ou à une compagnie.

PROGRAMME

Le programme a été établi par un comité de pilotage réunissant des acteurs de la vie associative : Yacine Amblard, association Moov’n Aktion et François Gautret, association R’Style), des artistes (Stéphane Ripon, chorégraphe en danse contemporaine et Francette Levieux, photographe et vidéaste à l’INJEP), des personnels du Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie Associative (Anne Bruyère, CEPJ à la DDJS des Hauts de Seine et Pierre Montaudon, Chargé du Spectacle Vivant au Ministère) et des personnels de l’INJEP (Chantal Dahan, responsable du Pôle Culture de l’INJEP et Naïma Laïb, coordinatrice du site http://passeursdeculture.injep.fr.

>> Dix heures de Master Class

Les stagiaires ont suivi 7h30 de cours à l’une des Master Class de leur choix pour approfondir une technique et échanger sur la conduite d’ateliers avec des pionniers de la danse hip hop :
- la break danse avec Xavier Plutus,
- le popping avec Walid Boumhani,
- l’électric-boogie avec Fox,
- les approches techniques et historiques de la New School et de la House avec Didier Firmin et Rabah Mahfoufi.

Ils ont également suivi une Matser Class de 2h30 sur la mise en scène avec Stéphane Ripon au Théâtre du Grenier de Bougival.

>> Deux tables rondes

Des moments ont été consacrés à l’information avec le danseur chorégraphe Sébastien Lefrançois, le Centre National de la Danse et l’ANPE Spectacle sur la carrière du danseur chorégraphe (statuts des danseurs et des compagnies, les financements existants…).

Une réflexion sur les dynamiques associatives au sein du mouvement hip hop a également été menée avec un représentant de l’association 9.2 styles, Virus et Les sons de la Rue.

>> Un espace d’information

Des revues de presse sur le thème du hip hop, des vidéos sur la danse, des études et des travaux de recherche sur la danse hip hop dont certains étaient réalisés par les stagiaires, des informations sur les compagnies et les associations, des ouvrages… étaient mis à disposition des stagiaires pour consultation.

>> Une exposition

L’exposition « Les pieds sur terre, la tête dans les étoiles » consacrée à la danse et à la culture hip hop a été présentée pendant toute la durée de l’université d’été. C’est un parcours découverte s’appuyant sur des portraits de danseurs d’horizons très divers, des montages vidéo sur l’état d’esprit du hip hop, les techniques et différentes thématiques liées à la danse.

>> Des spectacles

Chaque soir, dans différents lieux, des spectacles étaient proposés aux stagiaires :
- la générale du spectacle du collectif « The Art of Urban Dance » (musique et danse : Storm) au Palais de Chaillot,
- la présentation des spectacles des formateurs à l’INJEP suivi d’un battle entre les stagiaires,
- Une soirée spéciale pour la fête de la musique avec le groupe Poezic (slam) suivi d’un battle entre les stagiaires orchestré par 2 Djs.
- une soirée au théâtre du Grenier avec les spectacles d’une Compagnie amateur de danse contemporaine, de la Compagnie de danse hip hop canadienne 2Marvelous et un Work’n Progress avec Si Mhamed Benalima et sa création en cours « Trouble intérieur ».

>> Des espaces de danse

En permanence, des espaces étaient ouverts aux stagiaires pour se perfectionner en dehors des heures de Master Class, …

BILAN

Cette semaine riche d’échanges et de rencontres a permis de prendre la mesure, si besoin en était encore, de la vitalité et de la richesse du mouvement hip-hop. L’implication des danseurs qui dirigeaient les Master Class a été remarquable. Présents durant l’université d’été pratiquement en continu, les danseurs de la première génération ont transmis aux stagiaires bien plus qu’une technique. Ils ont également pris conscience de leur manque d’implication passée dans la transmission des savoir-faire et de la culture hip hop.

L’université d’été a également suscité un vif intérêt auprès d’autres danseurs professionnels. De nombreux contacts ont été engagés après cet événement et d’autres pionniers de la danse hip hop souhaitent participer à cette aventure.

>> Un enjeu : transmettre

La multiplication de créations de cours de danses hip hop suite à une très forte demande, et pas seulement issue des jeunes des quartiers populaires, conjuguée au fait qu’il n’y a pas de critères de compétence définis pour les enseignants dans ces ateliers, aboutit à une situation préoccupante. En effet, nombre de ces enseignants n’ont pas obligatoirement le niveau pour transmettre les techniques des danses et la culture hip hop qui est indissociable de ce mouvement. Il ressort de cette université que la qualification des formateurs en danse hip-hop est essentielle de ces deux points de vue. Ceci afin de ne pas augmenter les risques attachés à cette pratique, pour en transmettre correctement les bases et pour garder son esprit particulier porteur de valeurs de tolérance, de non violence, de construction personnelle, de prise en charge de soi, des plus jeunes et de solidarité.

>> Le statut professionnel des danseurs-formateurs

L’université a permis également d’établir des constats sur la situation des danseurs-formateurs présents et leurs statuts. Ils sont, dans leur grande majorité, impliqués sur le terrain socioculturel qu’ils revendiquent. Leur statut professionnel est hétérogène. Beaucoup sont animateurs, parfois titulaires du BEATEP hip hop, d’autres travaillent pour une collectivité locale, certains sont professeurs de danse traditionnelle et ont leur DE (diplôme d’État), mais tous sont très engagés dans des associations pour diffuser la danse et la culture hip-hop sur leur territoire. Ils expriment une forte demande de reconnaissance des danses hip-hop comme une discipline artistique à part entière, mais peu se définissent seulement en tant qu’artiste et sont attirés par la voie de l’intermittence qui leur apparaît quelque peu étroite, ne prenant pas en compte l’ensemble de leurs aspirations, les obligeant à en abandonner certaines. Parallèlement il leur semble important de continuer à avoir une activité artistique personnelle dans le cadre de groupes constitués, même s’ils regrettent de ne pas y accorder assez de temps.

PERSPECTIVES

Le Pôle Culture de l’INJEP organisera en 2005 sa deuxième université d’été des danses hip hop, destinée aux formateurs avec les aînés du mouvement. Par ailleurs, le Pôle Culture réfléchit à la manière de mettre en réseau les acteurs des danses hip hop et de se faire l’écho au niveau national des expériences menées sur le territoire.

Le hip hop se situe au carrefour de l’artistique, du social, du culturel, de l’économique, du politique. Ce mouvement, essentiellement soutenu par le ministère de la Jeunesse, des sports et de la vie associative et de l’éducation populaire. Le mouvement est en effet porteur de toutes les thématiques qui préoccupent ce ministère : participation des jeunes, insertion, actualité de l’éducation populaire, développement des pratiques amateurs et évolution nécessaire des structures d’animation.


Mise à jour le mercredi 27 août 2008